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Guide pratique · Lecture 5 min

Mise en demeure pour loyer impayé : guide du propriétaire

Votre locataire ne paie plus son loyer ? Guide complet : mise en demeure, délais, commandement de payer, procédure d'expulsion. Modèle de lettre inclus.

Quand envoyer une mise en demeure ?

La mise en demeure est la première étape formelle en cas de loyer impayé. Elle doit être envoyée dès que le retard de paiement est avéré et que les relances amiables (appel, SMS, email) n'ont pas abouti.

En pratique, la plupart des propriétaires envoient une mise en demeure après 15 à 30 jours de retard. Il n'y a pas de délai légal minimum, mais agir trop vite (avant l'échéance du mois) serait prématuré, et attendre trop longtemps affaiblirait votre position.

La mise en demeure a une double fonction : elle formalise votre demande de paiement avec une date certaine, et elle constitue une preuve indispensable si vous devez ensuite engager une procédure judiciaire. Sans mise en demeure préalable, un juge pourrait considérer que vous n'avez pas cherché de solution amiable.

Que doit contenir la mise en demeure ?

Pour avoir une valeur juridique, votre mise en demeure doit contenir plusieurs éléments obligatoires.

L'identification complète des parties (propriétaire et locataire), l'adresse du bien loué, et la référence du contrat de bail. Le décompte précis des sommes dues : loyers impayés mois par mois, charges, et éventuellement pénalités de retard si le bail le prévoit.

Un délai de paiement raisonnable (8 à 15 jours est la norme), et la mention explicite qu'à défaut de règlement dans ce délai, vous vous réserverez le droit d'engager les poursuites judiciaires appropriées.

L'envoi doit impérativement se faire par lettre recommandée avec accusé de réception. C'est la preuve de la date de réception qui fait courir le délai que vous accordez.

Si le locataire ne paie toujours pas

Si le locataire ne réagit pas à votre mise en demeure dans le délai imparti, l'étape suivante dépend de ce que prévoit votre bail.

Si le bail contient une clause résolutoire (c'est le cas de la quasi-totalité des baux d'habitation), vous pouvez faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice (ex-huissier). Le locataire dispose alors de 6 semaines pour régler sa dette. Passé ce délai, la clause résolutoire est acquise et le bail est résilié de plein droit.

Si le bail ne contient pas de clause résolutoire, vous devez saisir le tribunal judiciaire pour demander la résiliation du bail et l'expulsion. La procédure est plus longue.

Dans tous les cas, vous devez signaler l'impayé à la CAF si le locataire perçoit une aide au logement (APL/ALF/ALS). La CAF peut déclencher un protocole d'aide au maintien dans le logement.

Les aides et protections à connaître

Avant d'engager une procédure coûteuse, explorez les dispositifs d'aide existants.

La garantie Visale (Action Logement) couvre les impayés de loyer jusqu'à 36 mois pour les baux qu'elle garantit. Si votre locataire en bénéficie, contactez Action Logement pour activer la garantie.

Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI), déclarez le sinistre dès le premier impayé. L'assureur prendra en charge les démarches et les frais de procédure.

Côté locataire, le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) peut accorder une aide d'urgence. Vous pouvez orienter votre locataire vers l'ADIL (Agence départementale d'information sur le logement) de votre département pour qu'il soit accompagné.

Enfin, rappelons que la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) interdit toute expulsion effective, mais n'empêche pas d'engager ou de poursuivre la procédure judiciaire pendant cette période.

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